Le Blog de Cyrille Minso

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mercredi 12 octobre 2011

Merci Ségolène

Je n’étais pas un soutien de Ségolène durant ces « primaires citoyennes » mais je continue de penser que la place qu’elle incarne désormais au Parti Socialiste et à gauche doit être respectée et bien représentée.

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vendredi 30 septembre 2011

Et si Juppé était candidat UMP à l'élection présidentielle ?

En se positionnant comme un recours pour le cas où Sarkozy ne se présenterait pas, Alain Juppé envoie un signal fort à l'électorat. Certes il reconnait que le président de la république est le candidat naturel de la droite. Certes il lui apporterait tout son soutien. Mais le pavé jeté dans la mare est envoyé comme un signal aux français et aux instituts de sondage. A charge pour ces derniers d'intégrer cette hypothèse dans leurs réflexions.

Pour la droite, ce serait un pari gagnant, plus probablement gagnant qu'une candidature du président sortant que les affaires en cours qui se multiplient font fléchir. Chirac disait que "les emmerdes volent en toujours en escadrilles". Il faut croire que l'automne de Sarkozy ne sera pas une sinécure.

Alors la stratégie Juppé pourrait être une réponse pour tous :

- il a amélioré ses relations avec Sarkozy tout en restant "le meilleur" des chiraquiens;

- il est plutôt apprécié à droite et le sera d'autant plus que Sarkozy apparaitra comme un candidat susceptible de faire perdre son camp;

- il n'a pas trempé dans les vicissitudes du gouvernement Fillon et n'a accepté que des postes qui ne le mettaient pas en danger politiquement : Ministre des affaires étrangères et Ministre de l'écologie;

- il éteint de façon certaine une candidature Villepin et trouverait plus facilement des préoccupations communes avec Borloo;

- il donne le sentiment à tous d'avoir payé pour le RPR dans l'affaire des emplois fictifs aux dépens d'une carrière politique quasiment sans faille;

- les grèves de 1995 lui ont donné une image de psychorigide imputrescible après son expression "je suis droit dans mes bottes" : mais cela remonte à 15 ans et seule la gauche lui en tient encore rigueur ;

- il surprendrait la gauche qui focalise 50% de son discours sur un antisarkozisme servi par les affaires, la mauvaise image du président accumulée depuis 5 ans et les conséquences de la crise.

Comme "Amstrad" ne fait jamais rien par hasard, cette hypothèse d'un recours possible, si elle n'est pas broyée par les caciques du pouvoir, pourrait bien être servie par la dégradation progressive de l'image d'un président sortant pris dans l'engrenage d'un mauvais bilan et d'affaires politico-financières.

lundi 19 septembre 2011

Brève de bureau : Une insolation boursière

- Faut sortir la Grèce de l’Euro.
- Non, faut en finir avec l’Euro.
- Non, faut enlever l’épine du pied.
- Alors enlève aussi l’Espagne, l’Italie, le Portugal, etc.
- Dire que ce sont les pays où je vais tout le temps en vacances qui nous plantent.
- T’as raison, c’est une insolation boursière.

lundi 12 septembre 2011

Brève de bureau : "Faut liquider les Grecs"

- C’est la fin du monde. SG est à 15 euros.
- Je sais. Je vais en racheter.
- Tu es malade. On dit que ça va baisser … peut-être jusqu’à 5 euros. Il pourrait même être recapitalisé voire carrément nationalisé.
- J’y crois pas. C’est Lagarde qui pour faire les yeux doux aux amerloques nous a envoyé un missile. Il y a un mois elle soutenait l’inverse à Bercy.
- Justement, maintenant elle voit tout cela de plus haut. Le système va exploser.
- On aura alors d’autres soucis que notre exposition à SG.
- Merde faut liquider les Grecs !
- A quoi. Au Karcher ou avec un silencieux ?
- Fous-toi de ma gueule !

lundi 29 août 2011

Brève de bureau : Des miettes en cash !

- C’est un cataclysme !
- Faut pas exagérer, des soubresauts. J’ai acheté SG à 20 euros.
- Avant de partir nous l’avons pris à 30 euros. Un pote à moi y a mis 2 millions ! Il ne dort plus.
- S’il peut mettre autant c’est qu’il a encore des réserves…
- C’était toutes ses réserves !
- Il est pas très sérieux ton copain.
- Personne n’est sérieux.
- Si moi : je n’ai mis que des miettes.
- Oui mais c’est parce que tu n’as plus que des miettes en cash.

mardi 5 juillet 2011

A très bientôt pour de nouveaux posts

Cyrille Minso

mardi 30 novembre 2010

Ségolène Royal : Une candidature de réquisitoire face à des candidatures de témoignage?

Ségolène Royal incarnera-t-elle une candidature de réquisitoire là où Montebourg et Valls proposent une candidature de témoignage ? Si elle ne s’était pas présentée hier, la campagne de 2011-2012 aurait pu ressembler à celle de 1994-1995 sur de nombreux points.

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mardi 7 septembre 2010

"La polygamie n'entraînera pas la déchéance de nationalité"

C'est le titre du communiqué de presse du Palais...

Ah ! La bonne nouvelle ! Ouf ! Plus personne n'y croyait. Merci Monsieur le Président de la République;

Encore un effort et la polygamie sera même autorisée en France...

L'art de la comunication de l'Elysée est au-delà des artifices : c'est de la bouffonnerie !

mercredi 1 septembre 2010

Ministres d'ouverture et fiers de l'être

Finalement, être ministre sous Sarkozy et ancien élu de gauche a ses avantages : passer un été tranquille loin de tout. Avoir une peau imperméable aux agressions contre ses anciens principes . Justifier le pire par la nécessité de l’ordre public. Etre le dernier à exprimer des nuances mais continuer à toucher ses émoluments et à bénéficier de tous les avantages de la fonction.

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mardi 11 mai 2010

Les symptômes ne sont pas la maladie

Autrement dit « puisque vous n’avez plus confiance dans ma capacité à rembourser mes dettes, et bien je vais m’endetter un peu plus pour vous donner confiance ». Et cela fonctionne : +9% lundi à la bouse de Paris.

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mardi 4 mai 2010

L’homme qui valait 5 milliards… ou si peu

Un trentenaire comme en rencontre partout dans les bureaux. Il était là, assis, avec ce gestuel du commercial de« K par K » qui semble sortir de sa carapace pour devenir le cheval fougueux qu’il n’est pas. Jérôme Kerviel a le vocabulaire de ceux qui ont emmagasiné 500 mots et qui se rassurent vite avec les approximations d’un argot de lycée

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samedi 17 avril 2010

Il n'y a que des crimes sans adjectif

Funeste spectacle que celui que notre pays donne : on ne combat plus les crimes parce que se sont des crimes mais parce qu’ils sont ou non de telle couleur de l’arc-en-ciel.

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vendredi 26 mars 2010

Zemmour ou le chantre qui glorifie le système qu'il dénonce

Dans le cirque médiatique, il est celui sans qui le spectacle n’est pas complet. On lui livre des proies pétries de certitudes et il les dépèce avec le scalpel des références historiques, philosophiques et la méchanceté acceptable du donneur de leçon lui-même arquebouté dans les principes généraux.

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Leçon n°1 à un président bling-bling

Face à une crise sociale, politique et économique qui perdure, l'hyperactivité du locataire de l'Elysée est fade sans les fondamentaux qui ont forgé ce pays plus grand que lui-même.

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dimanche 6 mai 2007

Ségolène Royal… et le nécessaire discours de l’incomplétude

Nicolas Sarkozy a gagné. La victoire est large. Sans appel. La légitimité du nouveau président ne peut être contestée. Il lui appartient désormais de conduire le destin de notre pays durant les 5 prochaines années.

La candidate socialiste, elle, a mené une bataille sur deux fronts qu’elle pouvait difficilement remporté. Elle a dû gérer les défections et les attaques dans son propre camp en même temps qu’elle faisait face aux railleries et aux offensives de la droite. Elle a usé de toute sa pugnacité, de son indépendance et de sa force de conviction pour ne serait-ce qu’être légitime, puis crédible, ce qui aurait été évident pour n’importe quel autre candidat homme. Elle a au final réussi le plus difficile : ouvrir le chemin qui permettra demain à tout candidat atypique d’éviter les mêmes embûches.

Une bataille (dé)rangée

Telle est l’image du PS durant les présidentielles. Les fines bouches se sont d’abord faites attendre : beaucoup ont été aux abonnés absents jusqu’en février 2007 avant de donner des leçons ce vendredi 6 mai dans les médias. Les traîtres n’ont pas manqué non plus dont le plus remarquable aura été Eric Besson : nul ne peut croire que sa défection n’était pas préparée pour servir son ami Sarkozy - plusieurs signes avant coureurs le laissaient supposer. Les inconséquents ont pullulé tels Rocard et Kouchner qui appelaient à une semaine du premier tour à un accord avec Bayrou. Dans la société civile, Tapie et Séguéla ont été sensibles à leurs intérêts bien compris en rejoignant le candidat de l’UMP. Chez la quasi-totalité des intervenants du PS, l’improvisation était parfaite pour critiquer les prises de position nouvelles de la candidate. Chacun voulant appartenir au petit cercle et demandant à être informé de tout. A droite, on se passait d’un tel confort et tous les propos du candidat UMP était soutenus, appuyés, défendus avec toute la mauvaise foi nécessaire s’il le fallait. Au PS, on demandait d’abord une fiche de lecture (!) Que dire de la gauche de la gauche qui n’a cessé de se plaindre, de railler à mots même pas couverts la main tendue entre les deux tours à François Bayrou. Elle était sans doute incapable de forcer l’arithmétique pour constater que toutes les voix de la gauche au premier tour ne dépassaient pas 36%. Aucune armée ne peut gagner une bataille dans une telle cacophonie.

Une légitimité contestée

A aucun moment, les déçus des primaires du PS n’ont accepté qu’un challenger aussi inattendu vienne perturber leur plan de carrière. Il faut reconnaître à Laurent Fabius d’avoir très vite mobilisé ses troupes pour servir la candidate du parti. Mais dans l’ensemble, celle-ci continuait d’être contestée dans tous ses choix, sa stratégie, ses prises de position nouvelles. Un procès en illégitimité sous couvert de manque de crédibilité. D’un côté chaque approximation était pointée du doigt et disséquée, de l’autre rien. D’un côté on parlait de ses jupes, de ses tailleurs, de son apparence en général et de l’autre rien, comme s’il n’y avait d’ailleurs rien à relever. Que dire de son charisme, de sa personnalité, remis sans cesse en cause. Les pires adjectifs ont été prononcés… et tous leurs synonymes répétés.

Une femme mitraillée

On peut être une femme et n’avoir aucune compétence pour accéder à la magistrature suprême. On peut être une femme et ne pas être élue parce que son programme n’était pas en adéquation avec les attentes du peuple ou sa personnalité en décalage avec celle qu’attendent les Français. Mais il me semble surtout qu’on peut-être une femme et ne pas être élue parce qu’on est une femme sous le prétexte des deux précédentes logiques. Et parmi les pires détracteurs de Madame Royal, très souvent de gauche, les arguments de raison camouflaient la seule raison qu’ils refusaient d’argumenter.

Le temps de l’incomplétude

Et pourtant, les défauts reprochés à la candidate socialiste sont ceux là même qui démontraient la rupture avec les anciennes pratiques et les anciennes promesses. Dans une société en crise et en rupture de repères, défiant le pouvoir depuis 25 ans, ayant rompu le lien de confiance avec les hommes politiques, en défiance avec toutes les institutions, il fallait non seulement reconquérir sa légitimité par le bas mais surtout faire remonter les solutions et les pistes d’en bas. C’est souvent sous cette forme que les entreprises efficaces gèrent ce type de crise. Le management autoritaire, qui prétend tout savoir et tout orienter a fait son temps depuis longtemps dans les grandes structures. On est passé d’une organisation pyramidale qui existe depuis à une organisation sociodynamique, en réseau, qui permet de mieux gérer le complexe, d’impliquer tous les acteurs et de faire mieux partager les orientations retenues.

Au niveau d’un pays, d’une Nation, d’un peuple souverain, forcément très complexe, la crise profonde ne peut se régler sans remettre en œuvre les outils de la négociation paritaire en marche. Et au-delà de l’élection elle-même, rendre compte au peuple par tous les moyens et le faire acteur de la vie politique. Notre démocratie en crise en avait besoin. Elle le demandait. En choisissant démocratiquement Nicolas Sarkozy, les Français ne disent pas non à cette aspiration. Ils font confiance à un homme dont la volonté, la baraka et le projet ont porté jusqu’aux cimes Une élection c’est aussi cela. Mais le combat d’idée continue avec en ligne de mire les législatives et la refondation plus que jamais à prendre à bras le corps du PS.

jeudi 3 mai 2007

Ségolène comme jamais…

A quoi sert un Président de la République en France ? A gouverner OU à présider ? A être dans l’action gouvernementale au quotidien et dans le détail OU dans la vision, la préservation des valeurs et des acquis ? A donner, nommer et influer selon son gré ou son humeur ou ses amis OU à garantir l’impartialité de l’Etat et la cohérence des politiques qu’il engage.

Le débat entre Sarkozy et Royal a bien délimité ces deux visions qui sont proposées au vote des Français. L’une omnisciente, mathématique, préparée sur une feuille de calcul, sans improvisation, sans marge de manœuvre nouvelle et l’autre qui accepte son incomplétude, sa capacité à continuer le dialogue pour mettre du liant et certes décider avant mais aussi ne pas tout décider avant.

Désormais les Français, selon leurs aspirations, leur expérience, leur ambition pour leur pays et les actions qu’ils jugent indispensables et prioritaires devront choisir entre ces deux modèles. Celui de la certitude permanente et de la réponse à tout et celui de l’incertitude positive qui crée le dialogue et fait remonter les solutions.

C’était un débat qui agira dans l’inconscient de ceux qui l’ont regardé comme un révélateur et confirmera leur choix ou les fera basculer vers le candidat qui correspond à leur société idéale.

Notre société idéale c’est celle de l’esprit du siècle… d’un pays qui ne se recroqueville pas sur ses craintes, ses peurs au risque de diviser les Français entre eux. Notre société idéale c’est celle de la cohérence des politiques et des engagements et certainement pas celle du marketing politique.

Un président n’a pas vocation à être un premier ministre mais un visionnaire, un rassembleur, une incarnation de la Nation. Une présidente ne remet pas en cause sa crédibilité et sa légitimité à ne pas réciter ses cours d’économie de sciences-pô.

Ce soir Ségolène Royal a présenté avec pugnacité et conviction son pacte qui n’est pas un programme mais un engagement volontaire pour aller plus loin sur des points déterminés. Elle l’a défendu avec force en démontrant qu’il fallait de la cohésion et pas simplement un libre-service.

Dimanche, dans le secret de l’isoloir, chaque Français se déterminera en conscience. Pour notre part, sans hésitation aucune, ce sera Ségolène.

jeudi 19 avril 2007

Tout sauf Bayrou

Une tribune de David MARTIN-CASTELNAU (ancien Délégué Général du Pôle Républicain), Cyrille MINSO (Président de Génération République) et Hakim SALEMKOUR (ancien responsable administratif et financier de Chevènement 2002)

Casser le système, sans les extrêmes : ce que propose François Bayrou, nous en avons fait la tentative. C’était en 2002 et notre candidat était Jean-Pierre Chevènement. Devant les caméras, parmi les militants, dans les coulisses de la campagne, chacun à notre place, nous avons connu l’envolée, l’état de grâce et pour finir l’échec de cette aventure inédite : dépasser le clivage gauche droite. C’est pourquoi nous voulons, aujourd’hui, mettre en garde contre le vote Bayrou.

« Chevènement 2002 » : un leader de gauche proposait alors un large rassemblement à tous ceux – gaullistes, syndicalistes, francs-maçons… – qui voulaient refonder la République. Le programme était clair, les limites connues (Villiers fut rejeté), et nous n’avions, au QG de campagne, aucun doute sur la suite des opérations en cas de victoire : nous gouvernerions avec le Parti Socialiste. Pourtant, par peur de rebuter ses soutiens « de droite », Chevènement refusa de clarifier ses intentions. Inquiets, de très nombreux électeurs de gauche s’éloignèrent, et la campagne commença son déclin qui, de qualifiables pour le second tour, nous amena aux voisinages d’Arlette Laguiller. Des valeurs fortes et désirées, mais pas de forces d’appui électorales claires : pour réaliser l’exploit du dépassement des clivages, Chevènement avait la tête, pas les épaules.

François Bayrou, à notre sens, manque des deux ; il n’a ni la stature ni les appuis nécessaires à ce qu’il prétend entreprendre. La stature : contrairement à son prédécesseur, il n’a jamais réellement été un « homme qui dit non ». Ministre de Mitterrand puis de Chirac, après avoir été tenté par Balladur, il a vécu allié et soumis au RPR ; sa prise de distance avec l’UMP, on le sait, ne s’explique que par le désir de s’affranchir de l’ascendant de son rival intime, Nicolas Sarkozy. Faut-il encore rappeler ses louvoiements comme ministre de l’Education ? Les réprimandes du Conseil Constitutionnel après examen de ses comptes de campagne (décision du 26 septembre 2002) au sujet de son goût « manifestement excessif » des beaux costumes de fonction, ou encore de son fort étonnant statut d’exploitant agricole lui ayant permis d’échapper en 2006 à l’ISF ? Non, décidément, ni par le caractère ni par son comportement, François Bayrou n’est le successeur d’un de Gaule ou d’un Mendès. Quant au programme… Le candidat de l’UDF penche-t-il en matière économique à gauche ou à droite ? Que nous réserve-t-il in fine au sujet de la construction de l’Europe, de la Sécurité sociale, de l’immigration, de la politique fiscale ?

En définitive, François Bayrou, qui ne pourra gouverner avec personne (sa rupture est consommés avec la droite, nul soutien à gauche hors trois personnalités sur la touche), n’offre pour perspective qu’un pauvre slogan : incarner la refondation. En clair : la rupture sans le chaos. En Bayrou : « l’électrochoc tranquille » (sic). C’est maigre. C’est surtout oublier qu’il existe déjà deux candidats proposant, eux aussi, de bousculer ce pays entravé et déprimé, et ayant pour ce faire non seulement un caractère bien trempé, ce que ne manquent jamais de souligner les médias, mais aussi à des formations politiques cohérentes capables, demain, de bâtir une majorité gouvernementale, voir d’emporter la majorité absolue à l’Assemblée Nationale.

Et puisqu’il faut tirer jusqu’au bout les leçons de notre échec en 2002, admettons-le une fois pour toute : le bipartisme est le propre des démocraties adultes. Plus que jamais, la France a besoin entre la gauche et la droite d’une confrontation franche – afin que l’une comme l’autre aillent au bout de leurs mues et que les Français tranchent. Parce qu’ils ont fait la preuve de leur détermination à initier des changements majeurs, parce qu’ils ont réintroduits la fierté républicaine dans leurs vieilles maisons, nous appelons donc tous les électeurs de sensibilité républicaine à conduire Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy au second tour. Et à mettre fin, accessoirement, à l’illusion Bayrou.

David MARTIN-CASTELNAU (ancien Délégué Général du Pôle Républicain), Cyrille MINSO (Président de Génération République), Hakim SALEMKOUR (ancien responsable administratif et financier de Chevènement 2002)

jeudi 12 avril 2007

Sarkozy : Le grand écart pour une République de la peur

Depuis le début de la campagne, il s'est approprié Blum et Jaurès qu'il détestait sur les bancs de l'université. Il a découvert le monde ouvrier et visite les usines à tire-larigot. Il affirme vouloir renouer avec la « valeur travail » bafouée dans un pays où sévit le chômage de masse. Il affirme même vouloir gouverner avec quelques ministres de gauche. Sarkozy ratisse à gauche. Puis c'est au tour du centre auquel il donne des gages quotidiens, histoire de couper un peu d'herbes sous les pieds de Bayrou. Il convertit Simone Veil (qui boude et marmonne contre lui le lendemain), s'impose à Borloo (qui traînait des pieds), envoie Raffarin qui clame haut et fort « Sarkozy est de centre droit »... Sarkozy ratisse aussi plus loin. Lorsque Le Pen retourne à ses vieilles antiennes sur l’immigration. Une petite partie de l'extrême-droite que Sarkozy pensait acquise risque de retourner au bercail. C'est sous-estimer notre danseur qui annonce vouloir créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale !!! Et la boucle est bouclée.

La danseuse des ballets du Ministère de l'Intérieur peut être désormais fière de son grand écart. Son programme, distillé au compte-gouttes de déclarations à l'emporte-pièce ratisse large. C'est le paysage politique français à lui tout seul, une vraie voiture balaie des poncifs de chaque camp. Mais sur l'essentiel, il ne faut pas se laisser distraire. Sarkozy, son bilan et son projet, est un néo-conservateur qui doit se camoufler pour prendre le pouvoir en France. Les intérêts qu'il défend sont ceux de ses amis, ceux qui lui ont tout appris, auxquels il a tout promis, ceux qui le soutiennent financièrement même au-delà de l'esprit de la loi, ceux qui espèrent qu'il gagnera comme si leur vie en dépendait, partout dans le monde. Et parmi ceux-là, regardez, écoutez, qui revendique un héritage de la gauche française ?? C'est notre belle et vieille droite qui alterne au gouvernement. Cette droite bien respectable, bien républicaine, bien hétéroclite avec son programme libéral, pro-américano-républicaine, quelquefois néocons. Rien de dramatique mais loin du peuple. Mais cette fois-ci, elle est tout simplement contre notre héritage commun.

La République de la peur

Comment qualifier autrement ce que nous prépare le projet de Nicolas Sarkozy dont on voit déjà la mise en place durant cette campagne. Menaces à peine voilées (France 3), Injures et Insultes (Ségolène Royal et bien d'autres), Pressions insurmontables (Azouz Begag), soupçons de compromissions (Chirac, Tapie) le candidat de l'UMP ne se prive d'aucun moyen pour assurer son élection. il n'y a qu'à voir la multiplication des sondages commandés pour la plupart par les patrons des grands médias et qui installe l'idée que le prochain président proclamé et incontournable c'est lui. Il n'y a qu'à lire 90% de la presse qui s'interdit de relever les incohérences de son projet et les contradictions de ses promesses quotidiennes. Personne pour montrer la portée de ses déclarations sur la pédophilie qui serait désormais génétique et le projet de société qui en découle. Personne encore pour oser poser une question autre que celle qu'il veut entendre.

C'est la République de la peur qu'il nous promet, celle où le chef décide de la vérité scientifique et journalistique. Celle où il est seul détenteur de la souveraineté mais sans le peuple. Il est le chef, le protecteur, celui qui annonce, prépare, décide, mets en oeuvre, privilégie tel ou tel. C'est d'une élection à l'usure qu'il rêve. Peu importe les déclarations, peu importe le projet, seule compte la capacité à occuper tous les espaces, à impliquer tous ses réseaux souvent d'ailleurs au mépris de la loi et à installer dans la tête de ses adversaires qu'il ne peuvent rien contre lui. En s'activant pour démobiliser le camp d'en face, il compte sur le trouble créé par son remue-ménage pour passer tel un subterfuge, en prestidigitateur chevronnée. Et à 10 jours du premier tour, nul doute que les Français ne cèderont pas.

samedi 17 mars 2007

Pour qui roule Eric Besson ?

En politique, avoir le sens de la meute à défaut d'avoir celui de l'intérêt général est une qualité indispensable pour concourir à autre chose qu'une élection cantonale partielle. Atteindre un niveau de responsabilité nationale exige certes des compétences mais aussi une certaine consistance politique.

Alors de deux choses l'une : soit Eric Besson s'est vu reconnaître d'incontestable qualité technocratique et a monté les marches les une après les autres en apprenant sur le tas à faire de la politique soit ces dernières sorties ont été organisées de haute main pour détruire Ségolène Royal. Et dans ce cas la seule question qui se pose est « pour qui roule-t-il ? »

En pleine campagne présidentielle, un député PS, membre du bureau national et chargé de l'évaluation du programme démissionne à cause d'un échange un peu vif qu'un Fabius ou un DSK aurait jeté aux oubliettes la minute suivante. Un échange dur qui aurait inspiré à un conseiller municipal du village picard de Mézerolles d'aller s'expliquer les yeux dans les yeux avec son ou ses détracteurs.

Mais voilà, notre député ne l'a pas supporté et a préféré quitter le navire en pleine tempête pour sauver son honneur atteint. Quelques heures plus tard, il supporte encore moins la remarque « désobligeante » de la candidate quant à son niveau de popularité. Pour préserver l’estime de lui même, il choisit alors de cumuler les fautes politiques plutôt que de se taire. Il organise une conférence de presse pour expliquer les vraies raisons de sa démission et annoncer sa décision de quitter le parti et ne pas se représenter à ses mandats électifs. Sniff ! Sniff ! Les médias lui donne enfin ladite popularité avant de retrouver dès le lendemain des débats plus sérieux.

A ce niveau, la décence déjà largement atteinte, aurait dû lui inspirer de se faire oublier, de se retirer de la vie parisienne à défaut de politique, de laisser que la campagne se termine avant d’user de ses fléchettes ou alors de rejoindre la villégiature jospinienne.

Notre chevalier servant qui avait dû confondre les Bisounours et le Petit village dans les nuages avec la vie politique écrit en quelques jours un livre au vitriol contre la candidate de son (ex) camp, trouve un éditeur qui s'active pour annoncer la sortie du livre en même pas quinze jours, en pleine campagne officielle... Les bonnes feuilles se répandent dans la presse avec pour objectif d'entraver la dynamique de la campagne de Ségolène Royal que l'auteur classe parmi les candidats les plus dangereux juste après Le Pen !

Là, la traîtrise porte un nom : le déshonneur pour un calcul à la petite semaine.

Qui demain, à gauche, pourra s'appuyer sur tant d’ego ? Pour qui roule Besson ? Sarkozy, son bon ami ou quelqu'un d'autre qui ne se remettrait jamais de la victoire de Ségolène. En réalité, la première hypothèse est celle qui retient le plus notre attention. Car une telle félonie ne peut s'oublier qu'à droite mais pour gagner quoi ? Retrouver l'amitié blessée de Sarkozy ou gagner une circonscription acquise au PS ?

La suite des événements nous répondra certainement. Tout comme l’effet attendu sera semblable à un pschitt ! de dégonflé. Jamais en politique quinze jours n’avaient rassemblé chez un seul homme l’expression de tant d’orgueil, d’irresponsabilité, d’infidélité puis de trahison.

dimanche 11 mars 2007

Le roi est mort, vive le roi !

Chirac qui connaît Sarkozy et ce qu'il incarne comme personne sait très bien à quel homme il s'apprête à apporter son soutien. En apportant son parrainage au Ministre de l'Intérieur, et il le fera, ce sera son dernier acte de cynisme et celui qui permettra de boucler la boucle en adoubant son élève le plus récalcitrant mais aussi le meilleur de tous. Et qu'on en finisse. 12 ans de chiraquie et un bilan que les enjeux de la campagne actuelle souligne : la fracture sociale ? une arnaque que Juppé droit dans ses bottes a rapidement jeté aux oubliettes. La question du logement, du pouvoir d'achat, des insécurités, des injustices... Chirac a failli. En 2002, il se fait élire à l'africaine par 82% du corps électoral. Résultat :Raffarin, Sarkozy, Villepin et une droite plus dure encore dans la réalisation de ses objectifs que celle de Juppé mais plus maligne. Alors lorsque Chirac nous fait le coup de l'amour (j'aime la France comme je vous aime), il m'inspire un "ciao l'artiste" eu égard à sa fonction et à son âge mais je n'en pense pas moins.

Il faut tout de même reconnaître un hic dans son discours, un rappel de ce qu'est la France qui ne l'empêcheront pourtant pas de soutenir Sarkozy :

- D'abord, ne composez jamais avec l'extrémisme à mettre en rapport avec le minsitère de l'immigration et de l'identité nationale de Sarkozy, en rapport avec son jeu sur les parrainages à Le pen... - Mon quatrième message, c'est que la France n'est pas un pays comme les autres. Elle a des responsabilités particulières, héritées de son histoire et des valeurs universelles qu'elle a contribué à forger. Sans aucune commune mesure avec l'atlantisme, le bushisme avoué puis réfréné de Sarkozy. A mettre en rapport avec le "La France n'a pas besoin de l'Afrique", prononcé face à des africains ahuris.

Chirac qui connaît Sarkozy et ce qu'il incarne comme personne sait très bien à quel homme il s'apprête à apporter son soutien. En apportant son parrainage au Ministre de l'Intérieur, et il le fera, ce sera son dernier acte de cynisme et celui qui permettra de boucler la boucle en adoubant son élève le plus récalcitrant mais aussi le meilleur de tous.

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