Le Blog de Cyrille Minso

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mercredi 7 mars 2007

Une imposture à l'hélium nommé Bayrou

Bayrou monte, monte, monte comme un thermomètre du malaise qui mine notre pays. Il monte, monte comme une réprobation vive des « sans culottes » aux candidats de l’establishment. Il monte comme un ballon gonflé à l’hélium des sondages qui finit par un bruyant pschitt. D’autant plus bruyant qu’au final, il devra reconnaître pour qui il roule.

François Bayrou pointe quelques failles du système politique français mais n’est certainement pas une solution. Quelle que soit la pertinence de ses dénonciations qui surfent sur une constante de l’électorat depuis quelques décennies, il n’a ni projet alternatif, ni majorité en devenir. Et il le sait.

Avec 27 députés sur 577, il faudra un tsunami politique d’une rare violence pour que le lendemain de l’élection présidentielle, les 359 députés UMP et les 149 PS se transforment par magie en au moins 289 députés du nouveau parti présidentiel. 289 élus qui auront dû convaincre en quelques semaines dans leurs circonscriptions que leur nouveau parti (fédération, rassemblement ou alliance) va gouverner la France. Il faudra trouver les 577 candidats à présenter dans chacune des circonscriptions et ayant suffisamment de visibilité et d’expérience politique pour y être élus devant des notables locaux rompus aux subtilités et pratiques régionales. Il faudra surtout bâtir l’impossible assemblage en quinze jours pour leur laisser le temps de faire campagne. Qui peut le croire ? En réalité, si l’hypothèse d’un Bayrou élu président de la République se vérifiait, ce sera le retour à la 4ème République, à son instabilité gouvernementales, à ses alliances d’un jour qui durent le temps de renverser un gouvernement pour un autre dont l’espérance de vie sera à chaque fois incertaine. Toujours dans cette hypothèse, la configuration la plus probable est celle d’une majorité PS ou UMP mettant en œuvre son programme de gouvernement sous l’œil courroucé de l’Elysée auquel il ne restera que le refus de signer les ordonnances pour faire valoir sa capacité d'empêcher. Un président élu en mai pour être aussitôt désavoué en juin.

Mais la principale raison qui empêche un républicain de croire dans la posture du candidat au tracteur est son passif politique. C’est l’homme qui veut supprimer la loi Falloux en 1994 pour autoriser le financement des établissements scolaires confessionnels par les collectivités locales. C’est aussi l’homme qui souhaite « de petites adaptations ou mises à jour » de la loi de 1905. Officiellement pour s’attirer « le vote musulman ». Officieusement - pourquoi faudrait-il l’exclure dans un pays où l’égalité des droits est un dogme - pour enfin remporter son combat de toujours de permettre des subventions publiques locales aux établissements confessionnels.

Bayrou monte, monte, monte comme un thermomètre du malaise qui mine notre pays. Il monte, monte comme une réprobation vive des « sans culottes » aux candidats de l’establishment. Mais plus il monte, plus la volatilité de ses sondés est forte. Comme si ses sympathisants attendaient qu’un candidat plus crédible les entende enfin. Il monte comme un ballon gonflé à l’hélium des sondages qui finit par un bruyant pschitt. D’autant plus bruyant qu’au final, il devra reconnaître pour qui il roule. Sarko ou Ségo au second tour ? Et il ne pourra plus tromper personne.

Demande DSK de toute urgence !

Il y a quelques mois, dans une procédure de primaires internes exemplaires, trois candidats en lice s'affrontent pour obtenir le soutien du Parti Socialiste à l'élection présidentielle : DSK, Fabius et Ségolène. Si l'un d'eux emporte les primaires, il devra immédiatement organiser une équipe de campagne et ne surtout pas perdre de temps. On peut penser que Fabius, DSK et Ségolène ont organisé leurs agendas pour être à la disposition de la plus noble des ambitions politiques.

Où est-il ? Au sport d'hiver avec sa famille. Soit ! Mais où était-il depuis des semaines ? Au Canada, où il donnait des cours à des étudiants émules. Hmm ! Mais dite-moi, le PS est-il en campagne ? Nulle ne le sait, à voir la mobilisation de certains, on peut même en douter. Récapitulons.

Il y a quelques mois, dans une procédure de primaires internes exemplaires, trois candidats en lice s'affrontent pour obtenir le soutien du Parti Socialiste à l'élection présidentielle : DSK, Fabius et Ségolène. Si l'un d'eux emporte les primaires, il devra immédiatement organiser une équipe de campagne en relation avec le parti et ne surtout pas perdre de temps. On peut raisonnablement penser que Fabius, DSK et Ségolène ont organisé leurs agendas pour être à la disposition de la plus noble des ambitions politiques.

Février 2007, Fabius fait meeting commun avec la candidate désignée et ne conditionne ni son soutien ni la mise à disposition de son courant et des élus qui s'en revendiquent. Sur son site Internet, pas une semaine ne passe sans un article, un commentaire, une proposition de l'intéressé. Bon perdant, il joue le jeu de la victoire de son camp non sans revendiquer ses nuances et sa touche personnelle due à une expérience sans équivalent au service de l'Etat.

Février 2007, la candidate est au plus mal dans les sondages et les médias participent à une espèce de démonstration quotidienne de l'imposture de sa candidature. Pendant ce temps, la rumeur circule dans tout Paris que DSK discute avec Bayrou, l'homme qui monte. Cette rumeur est nulle doute alimenté par ce dernier qui a tout à gagner à diviser le PS, à faire croire que le seul homme du parti qui soit unanimement respecté et apprécié à droite pour sa compétence choisirait peut-être le démocrate-chrétien béarnais et son tracteur.

La candidate met fin à la confusion ambiante en invitant 13 personnalités à rejoindre l'équipe du pacte présidentiel. DSK en fait partie.

A six semaines du premier tour, nombreux sont les militants à attendre que DSK s'implique plus ardemment dans la campagne. Son charisme, son expérience politique, sa crédibilité, le respect qu'il inspire de toute part manque à une campagne qui a besoin de tous les talents du PS. Personne ne peut croire que la politique de la chaise soit payante à long terme. Personne ne peut envisager que cette absence remarquée, ce silence savamment orchestré n'est pas une stratégie pour intervenir en force dans la dernière ligne droite.

Sur son blog (www.blogdsk.net) , aucune intervention personnelle depuis celle sur la mort de l'abbé Pierre du 23 janvier. L'équipe dédiée anime le blog autant qu'elle peut et les commentaires pleuvent sans aucune structuration visant la campagne en cours. Sur son site www.dsk2007.net rien non plus depuis la victoire de Ségolène.

Les batteries sont maintenant chargées. Les arrières pensées dépassées. Nous attendons avec beaucoup d'autres...

dimanche 25 février 2007

L’appel à la République

De Stéphane FIDOLE

Ça y est ! Nous y sommes. L’échange qui s’est produit lundi 20 février 2007 entre Ségolène Royal et ces 100 français, (sans parler des 9 millions de téléspectateurs) nous a d’une part lancé en pleine figure les attentes et les impatiences de nos compatriotes, qui souffrent, qui doutent et qui appellent au renouveau de la politique. D’autre part, la candidate socialiste nous a assuré qu’elle était prête à assumer la fonction présidentielle.

Qu’avons-nous vu, face à ces cas personnels, poignants et difficiles appelant la République en aide ? Pour chaque cas, dans chaque échange, chaque dialogue, il y eut de la compréhension, de la révolte, de la compassion, et surtout des propositions pour la France accompagnée d’une pédagogie d’un nouveau mode de gouvernance entre l’Etat et le citoyen.

Ségolène Royal a su répondre à ces questions difficiles et concrètes en les intégrant dans le cadre d’une politique générale. N’est ce pas là un exercice difficile que d’intégrer des réponses particulières dans un cadre élargi, démontrant ainsi que toute politique n’est bonne qui si elle est cohérente et qu’elle vise l’ascension collective ? Qu’il ne s’agit surtout pas de faire plaisir par des réponses simplistes et de donner à l’un tout en dépouillant l’autre face aux caméras ?

En passant, Ségolène Royal à su démontrer par son parcours qu’elle est tout aussi compétente et prête qu’un autre - sinon plus. Elle a démontré son intégrité et son souci permanent de respecter les deniers publics et des les utiliser à bon escient. N’est ce pas l’attitude normale que devrait avoir nos politiques, à l’heure des travailleurs pauvres et des sans-logis ? Il faut entendre et qu’il soit dit que dans la France de demain un combat impitoyable sera mené contre la confusion des genres, les prébendes, les conflits d’intérêts, les frais de bouches et toutes les autres formes de corruption surtout lorsqu’elle émane de quelqu’un qui a la charge de gérer le bien commun.

Pendant ces deux heures, elle a su intégrer chaque citoyen dans le pacte qu’elle nous propose. Démontrant que le renouveau du pays viendra de tous, par une interaction entre les citoyens confiants et les dirigeants responsables. C’est cet avenir qu’elle propose aux Français. Les citoyens inquiets à juste titre de la situation de crise de notre pays, passant en très peu de temps d’une fracture sociale, à un gouffre social… le tout en pleine mondialisation où la France creuse l’écart derrière ses partenaires.

Mais par dessus tout, ce à quoi nous avons assisté, c’est la formulation d’une République, généreuse et efficace. Cet appel provient du Peuple, des jeunes, des chefs d’entreprise, des salariés et des retraités …C’est un appel pour un Etat juste faisant une place à tous. Ségolène Royal a entendu et compris cette demande qu’elle incarne de tout son être. Socialiste, elle transcende les intérêts particuliers et ne veut s’assigner qu’un seul objectif : le retour d’une croissance forte en France et en Europe pour mieux garantir la défense de l’intérêt général.

Et cela, ce n’est pas être simplement compassionnel. C’est faire de la politique, c’est faire de la bonne politique ; mais c’est surtout avoir un projet pour une France réconciliée avec elle-même…

Stéphane FIDOLE

mardi 20 février 2007

Le Financial Time invite Sarko à quitter le gouvernement

Le quotidien économique britannique a appelé lundi le candidat de l'UMP à quitter le gouvernement http://elections.france2.fr/presidentielles/2007/actu/28427113-fr.php

A ses yeux, sa double casquette du ministre de l'Intérieur et de candidat débouche sur un "conflit d'intérêts".

Nicolas Sarkozy a "saisi" l'élection "au collet", écrit le "FT", faisant état de son avance dans les sondages. "Quel dommage, cependant, que l'élection ne soit pas équitable, ou du moins pas acceptée comme telle par tous ", poursuit-il.

L'équipe de la candidate socialiste Ségolène Royal se plaint qu'"au coeur de la campagne de M. Sarkozy ne se trouve un conflit d'intérêts", remarque le quotidien. "De tels arguments pourraient être balayés comme la complainte d'hommes politiques défaillants, mais ils se trouvent être vrais", estime-t-il. "L'impression d'un conflit d'intérêts à plusieurs facettes est difficile à éviter", insiste-t-il. Et de suggérer: "au moins pour sauvegarder les apparences, il devrait reconsidérer sa position".

Nicolas Sarkozy a fait de la "rupture" son slogan de campagne, note encore le "Financial Times", mais le candidat de l'UMP "insiste pour rester le numéro deux du gouvernement". "Faire campagne contre une administration dans laquelle on a servi frise l'absurdité", assène-t-il.

Nicolas Sarkozy devrait éviter toute "suspicion" et "donner un exemple" pour ce qu'il espère être sa présidence à venir. "Pour le bien de son pays, et de lui-même, il devrait se concentrer sur sa candidature et quitter son poste de suite", conclut le "FT".

Et en face, alors ? La rivale du candidat de l'UMP, Ségolène Royal, "a zigzagué de façon inefficace, proférant parfois des vacuités et empruntant parfois à la vieille école dirigiste", répond le journal.

lundi 19 février 2007

Où est le programme de Sarko !

IL N'EXISTE PAS. J'ai cherché partout le programme de Nicolas Sarkozy, le programme officiel, avec ses propositions, ses engagements, ses promesses... Je ne l'ai trouvé nulle part. Le site de l'UMP, du candidat lui-même, de l'ensemble de ses amis, les sites périphériques : rien.

Que n'a-t-on pas dit ? "Elle n'a pas de programme" : cela a duré 1 mois. Tout le staff de Sarkozy a raillé Ségolène Royal et ses équipes. Les journalistes s'y sont mis. Et finalement, à Villepinte, elle le livra son programme, son pacte présidentiel. La matière était et reste à disposition de tous. Le document et ses 100 propositions a ainsi été disséqué puis critiqué. C'est le jeu et c'est de bonne guerre. On aurait pu penser qu'en face le projet de Sarkozy avait lui aussi été formalisé. C'était une erreur.

C'est aussi à cela qu'on reconnait le magicien Sarko et ses équipes. Ils sont capables à force de battage médiatique de s'en prendre pendant une semaine au programme de leur adversaire pour mieux masquer qu'eux-mêmes n'en ont pas. Et ça prend. Personne ne s'inquiète que l'UMP chiffre du vide, qu'ils peuvent annoncer aujourd'hui telle idée et la dénoncer demain sans être liés par un écrit. Fillon peut ainsi faire le tri chaque jour dans le lot de promesses de son candidat. Oui, il y a des discours, des tribunes, des interviews. Et alors ?Il n'y a pas de programme officiel.

Bravo l'artiste !

dimanche 18 février 2007

Au-delà des personnes… les symboles

De Stéphane FIDOLE

Au-delà des enjeux strictement programmatiques, forcément lourds pour notre société, puisqu’il s’agit de construire la société du futur, Ségolène Royal propose aux Français une démarche à laquelle en vérité ils ne sont pas très habitués.

Au-delà de sa personne, des équipes, des programmes et des moyens mis en oeuvre, cette campagne est avant tout une lutte des symboles. C’est une opposition entre deux visions du leadership.

Celui auquel nous sommes habitués. Celui du Grand Commandeur, du « mal dominant » qui dirige d’en haut et récompense notre allégeance et notre aveuglement en garantissant nos sécurités. Il conforte nos habitudes, rassure, perpétue l’espèce et la culture. C’est aussi celui qui favorise la continuité ou la rupture brutale.

Nicolas Sarkozy, nous demande pour qu’il puisse se réaliser, de lui permettre d’atteindre son objectif coûte que coûte, (cf. le discours de l’île de la Réunion), en devenant Président de la République. Lui ne bouscule pas nos habitudes. Il revendique une position qui jusqu’ici a toujours été dévolue à des hommes ayant son profil viril.

A l’opposé, Ségolène Royal, nous propose un pacte aux accents matriarcaux auquel il est vrai nous sommes peu habitué. Elle dérange nos repères au point que nous nous concentrons sur sa gestuelle, recherchons dans son discours les « bourdes présumées » du sexe supposé faible. Tout son message de fond passe à la trappe à cause de notre regard formel voire inconsciemment hostile. Nous comparons ses allures aux discours du candidat UMP. Le jeu n’est pas égal.

Elle nous propose par son élection même une réappropriation de nos référents. Et par la même un changement de vision entre les femmes et les hommes de notre pays. Bien sûr ce n’est pas suffisant pour être élue mais c’est imparable aujourd’hui pour ne pas l’être. Cette évolution a déjà été fait dans la plupart des pays du Nord. L’Allemagne, malgré l’intégration de seize millions d’habitants de l’Est a élu Angela MERKEL en 2005. La Grande Bretagne, où se dirige bon nombre de nos compatriote, en quête d’un meilleur avenir, s’est transformée - c’est vrai durement-, sous la poigne de Margaret THATCHER ( Premier Ministre de 1979 à 1990).

Nous devrions en principe ne pas être hostiles à ce changement de paradigme. Mais nos origines latines nous font résister à ces évolutions. Ceux dont le combat politique promeut l’égalité sans aucune distinction gèrent mieux leur résistance naturelle (il n’y a qu’à voir le plébiscite qui lui a été fait au parti socialiste). Les autres - bien au-delà des choix partisans – continuent de rechercher un Commandeur viril.

Aujourd’hui, le débat est faussement intellectualisé. Subrepticement, il camoufle cette résistance par les questions de compétence, d’apparence, de sentiment et pas du tout par une analyse froide de deux propositions programmatiques. Et bien entendu, au pays de Voltaire, de Rousseau et d’Hugo, cela ne choque personne.

De Stéphane FIDOLE

samedi 17 février 2007

Pourquoi n'a-t-il pas d'autre choix que d'être élu ?

Pour qui a fait une campagne présidentielle pendant 6 mois voire 3 mois, Sarkozy est un mutant. Il est en campagne depuis 2002 à un rythme de marathonien des hauts plateaux dont les accélérations régulières sont des sprints à la Ben Johnson. Depuis 5 ans, il s'est fait sacrer n°2 du gouvernement, il a cannibalisé le Ministère de l'Intérieur et quadrillé le territoire, il a pris le parti (l'UMP) de Juppé-Chirac contre leur gré soutenu par des militants conquis, et petit à petit, convaincu tout ce que la droite française compte de réseaux et groupes : mouvances syndicales et politiques, petits partis, patrons des grands groupes, presse, etc. Les amis de ses amis devenant ses amis, il les a aussi conquis par son charisme, son intelligence et sa capacité de travail qui va de pair avec l'extrême maîtrise des dossiers. En 5 ans, il s'est imposé comme le candidat naturel de la droite française, multipliant les promesses aux uns et aux autres quitte à se contredire, étoffant ses équipes, élargissant ses tentacules jusqu'au centre gauche, citant Jaurès et Blum, s'intronisant candidat des travailleurs au passage. Ceux qui ont décidé il y a 5, 4, 3 et 2 ans de voter pour lieu le feront aveuglément. Ce qui laisse des marches de manoeuvres au candidat pour faire des accrocs à l'idéologie libérale pour élargir son spectre d'influence. Une question me vient donc :

Et si Sarkozy ne gagnait pas l'élection présidentielle ?

Cette hypothèse n'en est pas une aux yeux de Nicolas Sarkozy. il ne peut ne pas gagner. C'est impossible. Il a tant investi. Il s'est tellement battu. Il a tellement promis à tout le monde. Tous lui ont tout donné, ont trahi leurs amis pour lui, abandonné leur famille, quitté le navire avant l'heure, se sont endettés ou ont endettés leur groupe... tous convaincus qu'ils seront plus fort après et aussi plus prospère. Tous et tellement nombreux. Si leur candidat n'était pas élu, ils auront tout perdu.

Si Sarkozy ne gagne pas la présidentielle, il perdrait en une seconde tout le crédit accumulé depuis 5 ans, il devra assumer l'espoir déçu de tout son camp (clan?) comme si le collectif de la campagne devait s'éteindre dans l'échec. Il deviendrait la cible à défaut d'être l'élu. Et puis, comme pour Bush aux Etats-Unis, il devra s'expliquer sur les dépenses pharaoniques de l'UMP, sa privatisation du Ministère de l'Intérieur depuis plusieurs mois, ses collusions avec les grands acteurs économiques, ses promesses contradictoires, etc. La presse avide de pouvoir aujourd'hui finirait de l'encenser pour le lyncher. Son camp se recomposera avec Juppé, Raffarin et pourquoi pas Villepin ?

Pour lui, c'est un "one shot" qui mérite tous les moyens pour être réussi. Tous les moyens même de l'Etat et sans limite s'ils peuvent contribuer à la dynamique vers la victoire.

Croire qu'il s'embarrasserait du devoir de vérité, de cohérence, d'une forme d'éthique ou même d'idéologie c'est croire aussi qu'il peut envisager de perdre. Cette idée ne lui traverse pas l'esprit parce qu'elle ne peut y avoir sa place. Il va gagner.

Lorsque je regarde cette campagne avec ce postulat, alors je m'explique Nicolas Sarkozy. Je ne m'étonne plus de son dynamisme qui est un instinct de survie. Je comprends mieux l'arrogance de ceux qui l'entourent. Leur urgence aussi. Jamais un auteur de hold-up n'hésite à se servir lorsqu'on lui ouvre enfin les coffres. Ils n'hésiteront pas pour le hold-up et encore moins à se servir pour mieux justifier leur présence dans la banque.

Un état (dans l'Etat) - un clan (néolibéral) - Un homme (Sarkozy). Une seule option, coûte que coûte : la victoire. D'où une autre question.

Sarkozy Président sera-t-il au service de ses prébendes ou de la France ?

Réponse : cette hypothèse ne peut pas être vérifiée. Fatal erreur. Le logiciel France est programmé pour ne pas laisser passer un tel cheval de Troie.

Merci de redémarrer votre ordinateur.

mercredi 14 février 2007

Pourquoi j’appelle à voter Ségolène Royal

De Stéphane FIDOLE

Nous l’attendions tous ce grand oral de campagne, plus que réussi. Ce discours fondateur, instigateur d’une nouvelle dynamique.

Militants, citoyens, peuple de gauche, médias, et adversaires de tout bord. N’en déplaise à ces derniers, c’est un grand oral plus que réussi.

La passe d’arme a été à la hauteur de l’attente, à la hauteur de l’ambition, à la hauteur des défis à venir.

Bravo ! Bravo ! Et que la campagne commence enfin. Que les idées et les propositions concrètes fusent et qu’en réponse aux points de frictions, nous apportions des solutions ingénieuses et pragmatiques.

Les Français jugeront et les français trancheront au moment du vote.

Pour ma part, simple militant, mon attente a été comblée, alors même qu’une inquiétude et une interrogation se formulaient du fait de l’habilité et de la forte attraction de Nicolas Sarkozy. Fort de sa capacité de séduction, nous avons en effet des personnalités (People) et des politiques, cf : le « libre » M Santini, nous parler des bienfaits que produirait un Nicolas Sarkozy pour la France.

Sa capacité de séduction est telle que l’on, nous a indiqué que les français avaient déjà choisi, alors même que la gauche n’avait pas encore indiqué les grands chantiers quelle mettrait au premier plan de son action politique, en cas de victoire.

Cet injustice est réparée, la campagne commence, la dynamique repart de plus belle et c’est à gauche que l’on voit surgir l’idée d’une modernité généreuse et efficace. Et c’est à gauche que l’on voit apparaître l’idée de croissance vertueuse ne laissant personne sur le carreau.

Oui nous devons appeler à voter Ségolène Royal, tout autours de nous, pour toutes ces idées, qu’elle a défendues pendant deux heures, à Villepinte. Et pour toutes celles qu’elle approfondira pendant ces deux mois de campagne.

Car c’est enfin le retour de la politique, et le retour de la démocratie. L’ «agora » y participe pleinement et ne se sent plus flouée par l’écart vertigineux qui existe entre le discours et l’action.

Il s’agit dès lors pour nous citoyens de choisir entre deux visions de notre société, entre deux destinées pour notre nation.

Celle de Ségolène Royal, qui contractuellement, nous propose à tous, nous citoyens, le retour au leadership de la France, le retour de la croissance, et l’avènement de l’équité. Elle nous propose de participer ensemble et pleinement à la modernité, de notre pays.

A l’opposé de Nicolas Sarkozy, qui nous suggère ardemment de le suivre, lui, dans sa vision personnelle et atlantiste de la France ; quitte à chambouler nos équilibres.

A choisir, je choisi, la modernité et l’épanouissement au sein de la communauté, et non contre elle.

Nous avons eu bien des visionnaires, mais avons surtout eu à des moments cruciaux des symboles. Jeanne d’Arc, Marianne. Nous avons cette fois la chance de voir réuni en ce moment historique, un symbole et un leader en la personne de Ségolène Royal.

Ne nous privons pas de cette chance qui nous est donnée à tous. Votons, pour une France réconciliée, votons pour Ségolène Royal. Nous en sortirons tous plus fort.

De Stéphane FIDOLE

dimanche 11 février 2007

Qui veut le programme ?

Cà y est ! Tout le mois de janvier, l'UMP, seule sur le terrain de foot a cru que les buts qu'elle marquait sans adversaire lui donnait des points d'avance. Elle faisait le spectacle avec son candidat, multipliait les meeting et les visites aux Français, dans les usines, sur les marchés. Son équipe "riposte" ne se lassait pas de canonner sur tous les mots d'en face. Maintenant, l'entrainement est terminé : que le spectacle commence !

Aujourd'hui, Ségolène Royal a déployé son programme à Villepinte. Cent propositions. Une vision de la France, ce pays bien singulier, cette exception. oui, la candidate a repris les conclusions des débats participatifs. Oui, elle n'a pas écarté les propositions fortes qui lui ont permis de faire la différence dans les primaires au PS. Son discours programmatique était bien mené, elle avait le bon ton, elle a su incarné le Peuple. Mission accomplie : les militants ont appréciés et bus jusqu'à la lie. Ils sont repartis rassemblés, plus forts encore, prêts désormais à débattre projet contre projet.

Mais à l'UMP, rien de changé. La riposte préparé la veille du discours a été dite par les porte-paroles après le discours. Sans rien modifier. La politique c'est aussi cela.

Les Français n'avaient pas le choix. Désormais ils l'ont. La montée de Bayrou va s'estomper nette. La candidate socialiste va remonter. Mais peu importe. Ce qui compte, c'est que chaque Français se fasse une idée précise des offres, des visions et des tempéraments.

il appartient aussi aux éléphants de prendre leur bâton de pélerin, toutes les figures... y compris DSK !

mardi 6 février 2007

Le président est un Français intranquille

"Tu auras réponse à tout, mon fils". C'est l'impression que m'a faite l'émission de TF1 hier où Nicolas Sarkozy faisait face à 100 Français comme seul un institut de sondage peut les choisir plus vrais que vrai. Les questions ont fusé pendant deux heures. Et le ministre candidat était là, debout, le regard vif, à répondre sur tout et à tout avec très souvent une connaissance parfaite de ses fiches, et quelquefois un art consommé de l'esquive. Mais dans l'ensemble, il méritait un "A+", "Très Bien", "Avec les félicitations du jury". Quoi ? il a le droit d'être très bon le candidat UMP. Et il était parfait. Et c'est là sa principale faiblesse, son talon d'Achille : être incapable d'incomplétude.

Une élection présidentielle ce n'est pas "Question pour un champion". Contrairement à ce que les premiers mois de la campagne laissent à penser, il faut un programme précis mais surtout et plus que tout, une vision de la France et un candidat capable de l'incarner. Etre capable de comprendre une question de la vie quotidienne, d'y répondre avec des mots simples, de manifester une émotion sincère, de la traduire dans les mots de son propre décryptage des difficultés du pays puis... puis... se transcender et donner, transmettre, un espoir, un chemin, une respiration de la Nation comme si on était habité par elle, presqu'en mission pour elle.

Nicolas Sarkozy - et c'est une erreur - fait campagne pour un Super Premier Ministère où on ne vous élit qu'à la condition que vous ayez réponse à tout sous la forme binaire amélioré "oui, mais..." Il se trompe non seulement d'élection mais il se trompe de pays. Il n'a pas compris l'exception française qui a un coût que la majorité des Francais est prête à assumer. Une exception qui fait que malgré toutes ses lourdeurs administratives, sa surcharge fiscale, notre pays est le premier dans lequel les étrangers investissent en Europe, le 3ème au monde. Malgré la mauvaise humeur naturelle du Français, sa réputation de grognards toujours en grève, c'est encore chez nous que les touristes mondiaux viennent massivement pour ressentir et apprendre un certain art de vivre, d'approcher la culture, l'Universalité, les Lumières. La France c'est aussi ce paradoxe profond qui nous pousse à courir un sprint lestés de plomb et d'être souvent gagnant. C'est cette énergie et cette maturité politique qui nous fait les porte-parole d'un monde multilatéral en 2003 contre le rouleau compresseur américain de Bush . La France c'est ce pays où on parle beaucoup au lieu d'agir. Mais où l'ont agit vite pour avoir plus de temps pour parler. Un pays où l'action quelle qu'elle soit et surtout politique est jumelle de la pensée, de l'histoire, de la philosophie. Et même si ce n'est pas "moderne", qui peut croire que notre pays y renoncera pour participer à l'aventure d'un homme ? Qui doute de la réaction de Sarkosy s'il avait été président en 2003 ?

Tous les présidents français sous la cinquième République avaient une certaine idée de la France. Ils en étaient imprégnés, la vivaient comme une incarnation, s'en sentaient les dépositaires temporaires.

A entendre Nicolas Sarkozy avec son compère PPDA - peu coupable de partialité pour une fois - j'ai surtout eu le sentiment qu'il avait une idée certaine des questions que se posent les Français sans jamais être capable de se transcender et d'être tout simplement un Français intranquille comme son auditoire n'a jamais cessé de l'être. Dommage pour lui car cela va se voir et s'entendre de plus en plus malgré les mots pleins et déliés qu'il assène avec son équipe à longueur de journée.

samedi 3 février 2007

Une candidature Villepin est souhaitable

La stratégie de Nicolas Sarkozy a consisté depuis 5 ans à cannibaliser tous les courants de pensée de la Droite française en s'imposant comme le seul candidat capable de gagner ou au mieux d'incarner leurs idées. Les ralliements sont venus d'abord lentement puis par la force centrifuge du Ministre d'Etat plus massivement. Certains comme Michèle Alliot-Marie ont vite compris que lorsque toute la droite se rassemblait d'un bout à l'autre de ses composantes, il restait forcément un espace à prendre pour représenter la tradition gaulliste, plus exigeante, moins partisane, méfiante à l'égard des Etats-Unis, anticommunautariste, attachée à une France-puissance fut-ce au-dessus de ses moyens. Hélas ! MAM est plus soucieuse de son proche avenir politique que de prendre la bâton de pèlerin que d'aucuns estimaient trop grand pour elle. Qui d'autre pourrait donc tenter une telle aventure ?

Chirac, bien sûr ! Mais 12 ans à l'Elysée avec un bilan bien maigre ne donne pas forcément envie à 74 ans de mettre sa mort en scène au pouvoir. Tout le monde n'est pas Mitterrand.

Reste Villepin, fidèle parmi les fidèles. Premier-Ministre au parcours atypique, il n'a jamais été élu. Mais son expérience au Ministère des Affaires Etrangères lui a donné une stature internationale que la crise du CPE a profondément écornée. Et puis quoi ! Son sens de l'histoire, son panache, son envie d'en découdre avec Sarkozy, sa haine de tous ces couards qui ont quitté la majorité présidentielle sur la pointe des pieds pour sauver une circonscription ou gagner un maroquin lui donne l'adrénaline nécessaire pour y aller. Et plus que tout, Villepin est convaincu que Sarkozy n'a pas le sens de la Nation et qu'il dilapidera le crédit de la France dans toutes les instances internationales pour convaincre qu'il rompt avec cette vieille Europe prétentieuse et orgueilleuse. Cette dernière raison suffit à elle seule à Villepin pour saisir la première opportunité, le plus tard possible, de se présenter pour la première fois à une élection et pour ce faire, de demander à tous les Français de lui confier la responsabilité suprême. Les 500 signatures ? Pff ! La barre des 5% pour être remboursé des dépenses engagées ? Il pourrait faire le double. En prenant date ainsi sur une conviction puissante et au nom de la France de toujours, avec la seule force de son nom et de son expérience, de quelques soutiens chiraquiens restés fidèles et d'un réseau national distendu, il est certain de compter demain dans tous les débats. Plus que tout, il prendrait sa revanche sur son meilleur ennemi qui verrait ses chances de figurer au second tour amoindries et ses réserves de voix diminuées.

jeudi 1 février 2007

Pour Bayrou, l'histoire ne se renouvellera pas.

En janvier 2002, un sondage place Jean-Pierre Chevènement à plus de 14%. La presse et le microcosme politico-médiatique regarde alors le Lion de Belfort différemment. Et si sa théorie annonçait la surprise d'une élection qu'ils résumaient tous dans un affrontement Chirac-Jospin ? En effet, JPC répétait à l'envi qu'une fois qu'il dépasserait les 15% d'intentions de vote, il créerait du même coup les conditions de l'explosion en vol de Chirac ou Jospin qui dévisserait jusqu'à passer derrière lui. Comme toujours, JPC eut intellectuellement raison et politiquement tort : c'est Le Pen, 3ème homme en embuscade, qui dévissa Jospin, en s'imposant au deuxième tour.

Bayrou rêve aujourd'hui de renouveler la même opération en faisant sienne la théorie de Chevènement et le tête-à-queue de Le Pen. Sauf que l'histoire en France a le hoquet : d'une part le choc que fut la présence de Le Pen oblige beaucoup de Français à voter utile. D'autre part, la montée de Bayrou est surtout le fait de l'absence provisoire de la candidate socialiste qui attend la remontée des débats participatifs avant d'entrer dans l'arène. 3 vérités nous semblent donc incontournable. 1/ Le choc aura bien lieu entre Sarkozy et Royal. 2/ La surprise sera la victoire du candidat qui traduira le mieux les attentes des Français et non celui qui leur plaquera unprogramme d'en haut . 3/ Le troisième homme restera bel et bien le troisième homme. Dommage pour Bayrou dont beaucoup admire le courage et la résistance. En le sacrant "3ème homme", il lui permettront à coup sûr de compter plus ces prochaines années que celui qui sortira battu du second tour.

mercredi 31 janvier 2007

Ils ont déjà gagné !

A l'UMP, la campagne est désormais en mode automatique : les thèmes sont fixés (un mélange magique de tout et de son contraire comme sur l'ISF), les ripostes se font en temps réels (plus c'est gros plus ca passe), les places sont aux enchères (Fillon ou Borloo à Matignon ?). Rien ne peut plus désormais dérégler la machine à gagner dirigée par Sarkozy Sese Seko, dit le Bokassa de Neuilly.

Contrairement à ses alter ego africains, il espère ne pas "gagner avec 100% des voix mais 50% plus une voix". C'est dire la modestie de celui qui bien qu'encore Ministre d'Etat mobilise déjà à chacun de ses déplacements plus de force de l'ordre que le Président de la République. Et à ceux qui doutent de sa victoire prochaine, il donne un avant goût de l'art de gouverner la France dans les vieilles marmites : notes blanches des RG, police publique à son service privé (l'épisode du scooter de son fils en dit long), moyens de l'Etat au service de sa campagne (avions, hélicoptères, voitures, corps préfectoral et diplomatique), réminiscence d'une police politique, sacre impérial au coût pharaonique, etc.

A la regarder agir, la droite française incarné par l'UMP a déjà gagné... donnant raison une fois de plus à de Gaulle qui la qualifia naguère de "droite la plus... du monde". Les semaines prochaines permettront de vérifier cette vérité historique.

lundi 13 novembre 2006

La désintégration du caïd des banlieues

Le petit caïd des quartiers ? Il s'habille comme un voyou, parle comme un gangster, marche comme une canaille, crache comme un brigand… et quand on le traite comme un bandit, il pousse des cris d'orfraies et vocifère comme un chenapan !

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