Pour qui roule Eric Besson ?
Par L'intranquille le samedi 17 mars 2007, 16:02 - Lien permanent
En politique, avoir le sens de la meute à défaut d'avoir celui de l'intérêt général est une qualité indispensable pour concourir à autre chose qu'une élection cantonale partielle. Atteindre un niveau de responsabilité nationale exige certes des compétences mais aussi une certaine consistance politique.
Alors de deux choses l'une : soit Eric Besson s'est vu reconnaître d'incontestable qualité technocratique et a monté les marches les une après les autres en apprenant sur le tas à faire de la politique soit ces dernières sorties ont été organisées de haute main pour détruire Ségolène Royal. Et dans ce cas la seule question qui se pose est « pour qui roule-t-il ? »
En pleine campagne présidentielle, un député PS, membre du bureau national et chargé de l'évaluation du programme démissionne à cause d'un échange un peu vif qu'un Fabius ou un DSK aurait jeté aux oubliettes la minute suivante. Un échange dur qui aurait inspiré à un conseiller municipal du village picard de Mézerolles d'aller s'expliquer les yeux dans les yeux avec son ou ses détracteurs.
Mais voilà, notre député ne l'a pas supporté et a préféré quitter le navire en pleine tempête pour sauver son honneur atteint. Quelques heures plus tard, il supporte encore moins la remarque « désobligeante » de la candidate quant à son niveau de popularité. Pour préserver l’estime de lui même, il choisit alors de cumuler les fautes politiques plutôt que de se taire. Il organise une conférence de presse pour expliquer les vraies raisons de sa démission et annoncer sa décision de quitter le parti et ne pas se représenter à ses mandats électifs. Sniff ! Sniff ! Les médias lui donne enfin ladite popularité avant de retrouver dès le lendemain des débats plus sérieux.
A ce niveau, la décence déjà largement atteinte, aurait dû lui inspirer de se faire oublier, de se retirer de la vie parisienne à défaut de politique, de laisser que la campagne se termine avant d’user de ses fléchettes ou alors de rejoindre la villégiature jospinienne.
Notre chevalier servant qui avait dû confondre les Bisounours et le Petit village dans les nuages avec la vie politique écrit en quelques jours un livre au vitriol contre la candidate de son (ex) camp, trouve un éditeur qui s'active pour annoncer la sortie du livre en même pas quinze jours, en pleine campagne officielle... Les bonnes feuilles se répandent dans la presse avec pour objectif d'entraver la dynamique de la campagne de Ségolène Royal que l'auteur classe parmi les candidats les plus dangereux juste après Le Pen !
Là, la traîtrise porte un nom : le déshonneur pour un calcul à la petite semaine.
Qui demain, à gauche, pourra s'appuyer sur tant d’ego ? Pour qui roule Besson ? Sarkozy, son bon ami ou quelqu'un d'autre qui ne se remettrait jamais de la victoire de Ségolène. En réalité, la première hypothèse est celle qui retient le plus notre attention. Car une telle félonie ne peut s'oublier qu'à droite mais pour gagner quoi ? Retrouver l'amitié blessée de Sarkozy ou gagner une circonscription acquise au PS ?
La suite des événements nous répondra certainement. Tout comme l’effet attendu sera semblable à un pschitt ! de dégonflé. Jamais en politique quinze jours n’avaient rassemblé chez un seul homme l’expression de tant d’orgueil, d’irresponsabilité, d’infidélité puis de trahison.