A quoi sert un Président de la République en France ? A gouverner OU à présider ? A être dans l’action gouvernementale au quotidien et dans le détail OU dans la vision, la préservation des valeurs et des acquis ? A donner, nommer et influer selon son gré ou son humeur ou ses amis OU à garantir l’impartialité de l’Etat et la cohérence des politiques qu’il engage.

Le débat entre Sarkozy et Royal a bien délimité ces deux visions qui sont proposées au vote des Français. L’une omnisciente, mathématique, préparée sur une feuille de calcul, sans improvisation, sans marge de manœuvre nouvelle et l’autre qui accepte son incomplétude, sa capacité à continuer le dialogue pour mettre du liant et certes décider avant mais aussi ne pas tout décider avant.

Désormais les Français, selon leurs aspirations, leur expérience, leur ambition pour leur pays et les actions qu’ils jugent indispensables et prioritaires devront choisir entre ces deux modèles. Celui de la certitude permanente et de la réponse à tout et celui de l’incertitude positive qui crée le dialogue et fait remonter les solutions.

C’était un débat qui agira dans l’inconscient de ceux qui l’ont regardé comme un révélateur et confirmera leur choix ou les fera basculer vers le candidat qui correspond à leur société idéale.

Notre société idéale c’est celle de l’esprit du siècle… d’un pays qui ne se recroqueville pas sur ses craintes, ses peurs au risque de diviser les Français entre eux. Notre société idéale c’est celle de la cohérence des politiques et des engagements et certainement pas celle du marketing politique.

Un président n’a pas vocation à être un premier ministre mais un visionnaire, un rassembleur, une incarnation de la Nation. Une présidente ne remet pas en cause sa crédibilité et sa légitimité à ne pas réciter ses cours d’économie de sciences-pô.

Ce soir Ségolène Royal a présenté avec pugnacité et conviction son pacte qui n’est pas un programme mais un engagement volontaire pour aller plus loin sur des points déterminés. Elle l’a défendu avec force en démontrant qu’il fallait de la cohésion et pas simplement un libre-service.

Dimanche, dans le secret de l’isoloir, chaque Français se déterminera en conscience. Pour notre part, sans hésitation aucune, ce sera Ségolène.