Il y a quelques années certains parlaient de racisme anti-Blancs... L’agression récente au centre de Grenoble d’un jeune géographe de 23 ans par une bande de voyous nous a ramené à cette acception colorée. Il y a eu un mort, blanc et des agresseurs, noirs… J’aurais naturellement et personnellement décris ce drame avec les variations de l’horreur, certainement pas avec la couleur de peau des victimes et des criminels. Mais nous vivons dans une société où le communautarisme est devenue si prégnant qu’il est à craindre que bientôt la communauté nationale cède la place aux communautés diverses.

Ce crime donc a fait les feux de l’actualité et mon ami Julien s’est empressé de mettre son « poing dans la tronche » de ceux qui, sur Facebook, ne partageaient pas l’idée qu’il s’agissait bel et bien d’un crime motivé par un racisme de communauté : « des jeunes issus de l'immigration attaquant un jeune pas issu de l'immigration »... J’ai bien compris qu’il s’agissait, sous une forme plus provocatrice, du retour de nos vieux débats sur la haine violente des banlieues colorées contre les fils de bourgeois nécessairement blancs. .. Mon Dieu, que diraient ces vieux combattants anti-apartheid de tous bords ?

Je ne peux néanmoins laisser la place à ce qui est un déni de République.

Principaux coupables : les associations dont c'est la vocation qui refusent de prendre l’ampleur du phénomène raciste en France, lequel n’est conçu par elles, à tort, que comme le fait d’un groupe majoritaire contre un groupe minoritaire. La presse relaie donc les crimes dont les victimes sont colorées et se fait moins démonstratrices ou alors plus prudentes sur ceux dont la victime appartient au groupe dit dominant ou alors majoritaire (dans le monde animal, on ne le dirait pas autrement).

Je souris jaune que la lutte contre le racisme, qui doit être unitaire, continue donc à apparaître comme un marché de niches : chaque "communauté" combattant prioritairement les atteintes portées à ses "membres". Pousserai-je autant le raisonnement jusqu'à appeler à la création d'un CRAB (Conseil Représentatif des Associations Blanches ) à côté du CRAN, de la LICRA, de SOS et des autres...

Ces associations se sont fixé des priorités auxquelles elles dérogent quelquefois pour ne pas donner le sentiment d’avoir orienté leur combat. Sans le savoir ou en faisant mine de l’ignorer, elles se développent avec la même efficacité de conquête de multinationales grappillant des parts de marché.

Cette segmentation aboutit de fait à une concurrence – faussée de surcroit – qui loin de faire baisser les prix (baisse des violences) les augmente année après année, créant des frustrations et des injustices.

Nous assistons désormais à un marketing de l’anti-racisme qui selon les faits divers, appellera telle association à s’offusquer du racisme anti-Noir, telle autre du racisme anti-Arabe ou encore anti-Juif, etc....Et maintenant, c’est mon copain Julien qui trouve inadmissible que « tout le monde se tait et regarde ces pieds » lorsqu’un Blanc se fait agresser par quinze fils d’immigrés.

Funeste spectacle que celui que notre pays donne : on ne combat plus les crimes parce que se sont des crimes mais parce qu’ils sont ou non de telle couleur de l’arc-en-ciel. Le poète disait naguère :

« Il n’y a que des crimes Sans adjectif L’horreur d’un glaive dans un corps d’homme Le mot qui tue Relèveront toujours de la même terreur »

Pour ma part, je dénonce des agressions. L’un de leur caractère aggravant serait qu’elles soient racistes. Tout le reste est superfétatoire. Pas besoin de qualifier la nature du racisme que l'on dénonce. Il n’est ni blanc, ni arabe, ni noir, ni jaune…et ceux qui le combattent ne peuvent le qualifier avec une couleur. Bien au contraire, en se faisant les pourfendeurs d’une lutte anti-raciste communautariste, ils sont les voitures-balais d’idéologies démagogues qui ont vite fait de se justifier par leur sémantique.

Allons ! Enfants de la Patrie !