Je l’ai écouté au journal de 20h de France 2 lundi . Et le lendemain, mes impressions ont été confirmées sur France 5. Je l’avais espéré à la dimension des milliards qu’il a fait perdre à la Société Générale. Un technicien charismatique, capable de raconter une histoire avec un brin de flamboyance et l’assurance de ceux qui ont côtoyé les sommets, de ceux qui nous ont appris à compter en « miyards » il y a 2 ans. Je l’ai rêvé avec ce physique vu dans les images furtives diffusées sur toutes les chaines de télévision, et ses photos savamment distillées dans la presse. Pour son procès, il nous devait de correspondre à nos attentes les plus folles sur le monde du trading, de l’argent virtuel qu’on dépense sur les marchés électroniques du globe, Monopoly enivrant et angoissant ! Bien sûr qu’il aura cette rhétorique des salles de marchés, un rien hors du temps et un zeste loin de tout, de nous.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un bonhomme plus que banal ! Un trentenaire comme en rencontre partout dans les bureaux. Il était là, assis, avec ce gestuel du commercial de« K par K » qui semble sortir de sa carapace pour devenir le cheval fougueux qu’il n’est pas. Jérôme Kerviel a le vocabulaire de ceux qui ont emmagasiné 500 mots et qui se rassurent vite avec les approximations d’un argot de lycée. J’étais déçu de l’entendre dire que sa plus importante rémunération était de 90k€! Pas besoin d’en dire plus pour bâtir un système de défense efficace. Le vrai Jérôme Kerviel a juste besoin de présenter son état civil pour qu’on cherche qui l'a manipulé. 5 milliards contre 90 K€ annuels !!! Qui dit mieux ?

Non, il n’a pas l’étoffe des héros ou des grands arnaqueurs. Il faut chercher qui a pu le laisser faire joujou avec son clavier numérique. Nul doute que les juges orienteront leur regard ailleurs. Dommage. Cela aurait été tellement passionnant de faire le procès des traders fou qui gagnent de vrais millions sur des marchés virtuels avec des milliards de n’apparaissent dans les bilans qu’en fin d’année. On conclura assez vite à la chaîne de responsabilités, entre mauvais coupables et vraies responsables, mauvaises habitudes et vrais manquements... En somme, beaucoup de milliards pour si peu d’envergure. A suivre donc.