Ministres d'ouverture et fiers de l'être
Par L'intranquille le mercredi 1 septembre 2010, 12:02 - Politique - Lien permanent
Finalement, être ministre sous Sarkozy et ancien élu de gauche a ses avantages : passer un été tranquille loin de tout. Avoir une peau imperméable aux agressions contre ses anciens principes . Justifier le pire par la nécessité de l’ordre public. Etre le dernier à exprimer des nuances mais continuer à toucher ses émoluments et à bénéficier de tous les avantages de la fonction.
Fadela Amara… Fadela Amara… Que les vacances furent longues… très longues même.
Si j’étais ministre de la République, je les passerais certainement sur une île perdu, loin. Ainsi je ne serais pas informé de l’actualité du mois d’août en France. Des marronniers, comme disent les journalistes. Je laisserai ainsi la place aux seconds couteaux qui savent que nul ne pourra leur faire de l’ombre. Je me serais donc caché pour un repos bien mérité dans je ne sais quel lieu mais avec la certitude que seul un hélicoptère d’urgence pourrait venir troubler mon sommeil !
Je ne doute pas un instant que ce fut ainsi que quelques ministres, dit d’ouverture, conçurent leur lieu de villégiature. Et je le respecte. Car sinon, qu’est-ce qui peut expliquer leur silence durant l’été alors même que leurs valeurs, leurs principes étaient mitraillés de toute part et de quelle façon !
Ah oui, j’oubliais, Fadela Amara… Secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, Marche des Beurs (1983), SOS Racisme en 1986, élue socialiste (de mémoire), présidente de Ni Putes Ni Soumises (2003…), etc. On ne peut pas dire que le débat de cet été lui aurait été particulièrement insensible. L'avez vous entendu ? C'est ce que je vous disais sur les mérites de l'île perdu.
Si j'avais été ministre des affaires étrangères, cofondateur de Médecins sans Frontières et de Médecins du Monde, si j'avais comme lui porté des sacs de riz à des populations affamées et tyrannisées devant cent caméras ... si j'avais l'expérience du Kosovo au nom de l'Onu, haut représentant chargé de préparer la réconciliation et la paix durable...si fort d'une telle expérience, légitime parmi les légitimes, j'avais entendu les vociférations contres les Roms et les élucubrations sur la déchéance de nationalité, qu'aurais-je fait ? Moi la grande gueule, j'aurais attendu la rentrée pour exprimer mes nuances. Car, une île au loin, vous disais-je au début, est encore le meilleur endroit pour être sourd au monde, loin du vacarme et du sang qui coule.
Je n'ose évoquer "l'autre", celui qui quitta le champ de bataille en pleine guerre pour embrasser la cause de ses ennemis, celui qui aurait pu, comme beaucoup avant lui, incarner la voix de son maitre, le caniche de sa mémère, le toutou de son poupoune... Je n'ose évoquer pour lui aussi l'attitude qui consista a attendre la rentrée gouvernementale pour… enfoncer un peu le clou, rivaliser d'audace et être le premier à proposer en fidèle serviteur, le projet de loi de la rentrée sur la déchéance de nationalité et un autre pour accélérer les expulsions des Roumains...
Certains dans la majorité gouvernementale furent plus prompts à réagir contre cette incurie.
Finalement, être ministre sous Sarkozy et ancien élu de gauche a ses avantages : passer un été tranquille loin de tout. Avoir une peau imperméable aux agressions contre ses anciens principes . Justifier le pire par la nécessité de l’ordre public. Etre le dernier à exprimer des nuances mais continuer à toucher ses émoluments et à bénéficier de tous les avantages de la fonction.
Seulement, plus dure sera la chute !