Je n’aurais pas écrit ce post si je n’avais pas eu le sentiment, en voyant les larmes de Ségolène dimanche, qu’une page était en train de se tourner.

La page ouverte en 2006 avec l’idée d’une démocratie participative, tellement critiquée, et pourtant partout reprise et remarketé. La page d’un « ordre juste », comme Jean Pierre Chevènement parlait lui d’une « autorité de la loi égale pour tous », elle aussi ayant infusé, surtout au PS. Et plus que jamais l’idée qu’on ne devait pas jouer avec les territoires, entendus au sens large dont les quartiers populaires qu’elle s’est évertuée à incarner par tous moyens.

Nous étions nombreux en 2007 à la soutenir, vaille que vaille, souvent contre les railleries et le machisme de ceux qui l’accusaient d’incompétence. Nous étions quelques-uns à avoir compris que cette instinctive de la société française avait seulement besoin du bon logiciel pour fonctionner de façon efficiente.

L’iconoclaste Ségolène n’a pas gagné en 2007. Son entrée dans les primaires en 2011 pouvait être interprétée - non comme une conviction de victoire (elle en a toujours eu le fort désir) - comme la nécessité de veiller au bon déroulement du jeu démocratique… donc des débats. Ainsi avait-elle toute sa place dans cette campagne, d’autant plus que la légitimité gagnée lors des dernières présidentielles et le trucage du congrès de Reims rendaient sa démarche nécessaire, indispensable même !

Je n’étais pas un soutien de Ségolène durant ces « primaires citoyennes » mais je continue de penser que la place qu’elle incarne désormais au Parti Socialiste et à gauche doit être respectée et bien représentée.

J’admire son courage, sa ténacité et plus que jamais son instinct qualifiée, dans un post précédent, « d’incomplétude », approche nécessaire dans notre société.

Et pour finir, au risque du ridicule, la politique a besoin, de temps en temps, de cette forme d’humanité qui jaillit brusquement par la dépression de l’échec. On était plus habitué à des émotions contenues, à l’absence tout simplement de mots, voire à des mots violents du genre « je vous demande de vous arrêter ».

A cet égard, son soutien à Hollande est d’un fair-play tout aussi inhabituel.

Alors, tout simplement, merci !